Il est venu ! On l’a vu ému ! A-t-il été entendu ?
Difficile d’échapper au ram-dam médiatique autour de la visite du pape Léon en France… même en fermant télé, radio, ordinateur et téléphone, j’en ai entendu parler, c’est dire !
Pourquoi j’ai éteint ? Parce que je préfère la calme relecture au brouhaha de la foule et à ses « vibes » émotives.
Relecture justement… j’aime l’insistance du pape sur la justice, la paix, la fraternité et le service, sur le témoignage chrétien qui ne peut se construire dans la violence, le mépris ou l’oppression.
J’aime qu’il rappelle le caractère sacré de toute vie humaine.
J’aime, qu’il ait «appelé les représentants des différentes traditions religieuses à faire du dialogue un « art de la rencontre », au service de la paix, de la fraternité et de la dignité de toute personne humaine. »
J’aime cet appel aux mêmes représentants – et au-delà à toutes et tous : « Puissions-nous être, là où nous vivons, des artisans de paix et des témoins d’une espérance qui ne cesse de grandir dans notre monde. »
Relecture peut-être très parcellaire, mais après la fête, ne reste que l’essentiel : ce qui constitue un appel, un mot d’ordre dirait-on dans les mouvements de jeunesse, une ligne à essayer de suivre… Que chacun.e trouve les moyens de mettre cela en oeuvre dans ou hors des (E)églises ne peut que nous réjouir. Finalement, Dieu est bien plus grand que nos (E)églises. « Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures » (Jn 14, 2)
Et cela m’amène tout naturellement à évoquer qu’il y a quarante ans, à Assise, à l’invitation de Jean-Paul II, 130 responsables de grandes religions du monde se sont réunis pour une journée de prière et de jeûne pour la paix en pleine guerre froide. Cet événement fondateur a posé les bases d’une éthique de la fraternité où les religions peuvent et doivent jouer un rôle majeur dans la réconciliation et le refus de la violence au nom de Dieu. Entre le 25 et le 27 octobre, la ville de Saint-François fera retentir à nouveau ce message de paix par la voix de représentants de différentes cultures et religions.
François d’Assise… Giovanni di Pietro Bernardone, promis par sa naissance et la fortune de son père à la gloire que donnent aux chevaliers les « beaux » combats et les belles armures, vit son « chemin de Damas » sur la route vers la guerre et l’adoubement[1].
Et voilà qu’il renonce radicalement aux biens matériels, qu’il épouse la cause du prochain, de tous les prochains… qu’il voit dans l’engagement pour la paix et la vulnérabilité la meilleure façon de servir Dieu, le seul maître qu’il se reconnaît dès lors…
Et cela secoue l’Eglise au point que 800 ans plus tard il apparait comme un modèle à redécouvrir dans une époque, où la guerre et la violence (sous toutes leurs formes) sont quotidiennes… comme autrefois.
« Seigneur,
fais de moi un instrument de ta Paix… »
[1] Lire à ce sujet : « François et ses frères – Biographie collective de François d’Assise », Sylvain Piron, La Tempête Editions, 2026.
