Ceux qui se marient encore aujourd’hui ne sont-ils pas un peu les aventuriers du 21e siècle?

Edito de Vincent Delcorps du 9 septembre 26 pour Cathobel

« C’est un miracle ! »

Le paternel ne put retenir le cri de son cœur. C’était la fin de l’été et la famille organisait ses retrouvailles annuelles dans les Ardennes. Tout le monde était là : les grands-parents, les deux filles aînées avec maris et enfants, et le petit dernier – la trentaine bien sonnée, quand même –, accompagné de son amoureuse. C’est à l’heure de l’apéro qu’il fit son annonce : « nous allons nous marier ». Et la joie fut débordante.

Mais à côté de la joie, il y eut de la surprise (« un miracle » !). Une surprise… un peu surprenante ! Hier, le mariage (civil, ne parlons même pas du religieux) allait souvent de soi, à tout le moins pour celui qui ne désirait pas entrer dans les Ordres… Aujourd’hui, il lui arrive de relever de l’improbable.

Cela nous interpelle et cela peut même nous attrister. Que s’est-il donc passé ? N’avons-nous pas été assez rayonnants, assez convaincants ? Bien sûr, il y eut tous ces divorces… Mais les raisons sont bien plus profondes. Regardons en arrière : remise en question de toutes les institutions traditionnelles, culture de la consommation et de l’éphémère, multiplication des crises… Aujourd’hui, il est devenu compliqué de croire encore en un avenir à deux – et en un avenir tout court.

Nous voilà donc interpellés, tristes peut-être… Mais choisissons ce sur quoi nous voulons porter notre attention. Commençons par regarder ces jeunes qui y croient encore. Leurs aînés se sont parfois mariés par habitude, par tradition. Ceux-ci sont sans doute plus conscients des défis qui les attendent. Ils savent qu’ils sont les aventuriers du 21e siècle. Que les périls ne manqueront pas. Dans une culture pas forcément favorable aux couples durables, nous pouvons les accompagner et les soutenir. C’est notamment la mission des services diocésains de couples et famille, mais aussi de magnifiques mouvements comme les Equipes Notre-Dame ou Vivre et Aimer.

Ces profondes évolutions sociétales nous invitent également à élargir nos horizons.

A reconnaitre que Dieu se rencontre aussi dans l’errance et dans l’échec – on le dit parfois mais le vivons-nous vraiment ?

A reconnaitre la diversité des parcours et des vocations.

A accompagner aussi les célibataires non consacrés – souvent les grands oubliés de l’Eglise !

Et enfin, à toujours croire aux miracles.