Édito

Qu’est-ce que cela change que Jésus soit ressuscité alors que des milliers de personnes vivent dans la terreur des bombes, du son des drones au-dessus de leurs toits ou des discours de ceux qui prônent la guerre sans jamais s’exposer au danger ?

Nous proclamons et célébrons Jésus ressuscité, vainqueur du mal et de la mort, toujours présent dans nos vies grâce à son Esprit envoyé pour dissiper toute peur et nous rendre missionnaire. Qu’est-ce que cela change dans ma vie ? Est-ce que cela a une réelle influence sur ce que je suis, ce que je fais, ce que je pense et ce que je dis ?

Ce qui change, c’est la force de l’espérance !

Oui, et j’y crois dur comme fer sinon tout est vain. Quand l’espoir fait défaut, l’espérance prend le relais… espérer contre toute logique, toute raison que l’être humain possède en lui une force et des ressources insoupçonnées ; celles d’essayer toujours de se relever, d’aller de l’avant, de reconstruire, de croire que du désordre peuvent naître la paix et la joie.

Mais cela ne va pas de soi, il ne suffit pas d’un claquement de doigt ou d’une volonté singulière.

Il faut toute une communauté pour porter cette espérance : des frères et sœurs d’espérance pour faire bouger les lignes, des alliés dans la foi pour changer les couleurs du monde, des supporters de la vie quand bien même elle serait moche, des personnes qui osent parler avec nuance mais conviction, des convaincus réalistes qui n’acceptent ni la fatalité ni la résignation, des David qui n’ont pas peur des Goliath parce qu’un feu intérieur les brûle… Des idéalistes ? Non des humains, juste des humains, des vivants envers et contre tout !

« (…) Jésus Christ n’est pas venu pour rendre l’humanité plus religieuse ou plus morale, mais pour la rendre plus humaine (…) l’Evangile ne vous brûle-t-il pas les doigts ? »[1]

Que l’espérance de Pâques illumine vos jours et vous porte sur tous les chemins où vous pourrez être semeurs.semeuses d’espérance !

Anne


[1] Paul de Tarse – L’enfant terrible du christianisme , Daniel Marguerat, Editions du Seuil 2023 p.421

Prières

Prier en famille avec les enfants

Jésus, apprends-nous à partager
Avec un cœur léger
Tout rempli de ta joie.
Apprends-nous à aimer
Avec un cœur simple
Qui se donne tout entier.
Apprends-nous à prier
Avec un cœur pur
Tout brûlant de ton amour.

ques : Où est-il le Ressuscité ?

Où donc verra-t-on le Christ
sinon à travers des communautés rassemblées
pour célébrer sa mort et sa Résurrection
et la joie qui en jaillit pour le monde ?

Où donc entendra-t-on le Christ
sinon à travers des communautés
qui annoncent sa parole de libération
à travers des actes de pardon et de paix ?

Où donc brillera le visage du Christ
sinon à travers des communautés
vivant concrètement selon son Esprit
et pratiquant chaque jour son Evangile ?

Seigneur Jésus,
envoie-nous sur les chemins quotidiens !
Envoie-nous donner notre bienveillance,
accorder notre attention,
engager notre solidarité,
travailler pour la dignité,
prendre du temps pour la prière, et qu’ainsi
à travers notre existence menée selon l’Evangile,
apparaisse le Visage du Christ
pour nos frères de ce temps !

Bonne nouvelle !

Pour les chrétiens, Pâques représente la résurrection de Jésus-Christ, symbole de la victoire de la vie sur la mort et du passage des ténèbres à la lumière.

Dans nos vies, nous vivons beaucoup de passages qui sont autant de résurrections : passage des larmes au sourire, de la prostration au réveil, de la peur à la confiance, du mutisme à la prise de parole, du désir de vengeance au pardon, de la timidité à l’audace, de l’indifférence à la solidarité, … Ces quelques témoignages l’illustrent :

Retrouver la joie après l’épreuve : « Je l’ai retrouvée dans les petites choses de la vie »Comment retrouver la joie après un drame ? Est-ce possible ? Anne-Dauphine Julliand n’y croyait pas, mais elle l’a retrouvée dans les petites choses de la vie. Après le suicide de son fils, elle confie s’être dit qu’elle ne serait plus jamais heureuse. Mais « cet impossible est pourtant devenu possible ».

Alléger la peine, faire le premier pas… pour retrouver la soif de vivre.

Le Jour du Seigneur s’interroge sur le ressort de la foi face à la dépression. Comment traverser cette épreuve pour les malades ? Peut-elle devenir un chemin d’espérance ? Christophe André témoigne de sa propre expérience et son regard sur le sujet.

Et puis vivre !

Le carême vient de commencer et j’ai déjà envie de parler de résurrection !Et peut-être de la difficulté d’y croire…
Comment croire à la résurrection quand l’histoire s’emballe et que des peurs d’autrefois remontent à la surface : peur de la guerre, de la violence, du mensonge, de tout perdre… ?
Que cela ne nous culpabilise pas trop, les femmes, dont Marie-Madeleine, qui se dirigent vers le tombeau le dimanche de Pâques ne s’attendent qu’à la mort. Et quand elles trouvent le tombeau vide, les anges ou « le jardinier » – suivant les versions des évangélistes – elles ont bien du mal à y croire… Alors nous ?

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Tiens, cette image du jardinier justement…
Les plus érudits verront sans aucun doute un parallélisme entre Gn2 où Dieu et Adam se présentent sous la figure d’un jardinier et Jn 20 où Jésus restauré est le nouvel Adam, jardinier d’un nouvel Eden délivré du péché.
Qu’il nous soit permis d’uniquement contempler le jardinier dans son travail au quotidien : en voilà un qui prend bien soin du vivant : il prépare la terre, sème, plante, bouture, nettoie, nourrit, veille, patiente et quand le temps est venu, recueille, se réjouit et partage. Et puis il recommence ! Inlassablement car rien n’est jamais gagné d’avance.

Quand tout semble aller à vau-l’eau, que les événements qui s’enchaînent suscitent angoisse et repli sur soi, pouvons-nous faire « le pari du jardinier » ? Croire aux bourgeons plutôt qu’aux feuilles mortes ? Espérer de nouvelles pousses au milieu d’une plate-bande nue ? Et retrousser nos manches pour que cela advienne, aider la nature à faire son travail en quelque sorte… avec une indécrottable espérance chevillée au coeur et au corps, et la force des naïfs.

Voir la mort inéluctable… et puis vivre.
Affronter les difficultés… et puis vivre.
Pleurer sur ce qui n’est plus… et puis vivre.
Voir au-delà de l’invisible… et puis vivre quand même, même si… et surtout parce que la vie est plus forte que la mort… ce n’est pas ma naïveté qui l’invente, c’est notre foi qui l’affirme !

Anne

Edito d’Anne

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Les jours ensoleillés que nous venons de vivre en mars sont encore une fois venus conforter une impression que je ressens à chaque retour du printemps : la vie se joue de ce qui semble mort ! Sur des branches qui paraissent sèches, de jeunes bourgeons commencent à pointer et même à vouloir éclater, des fleurs s’ouvrent offrant un prisme de couleurs qui réjouissent les yeux et réconfortent l’âme. Ma respiration se fait plus ample et je me surprends à sourire quand mes yeux explorent le jardin et ses alentours. C’est bientôt Pâques !

Oui, Pâques est, pour moi, lié à la nature et donc forcément à la vie… d’abord et avant tout à la vie. Mais aussi à la mort, c’est inévitable.

Pâques c’est cette fête bizarre où la détresse et l’angoisse font soudain place à la joie et à l’espérance ; cette fête qui fait du bois du supplice le nouvel étendard de la vie en abondance ; cette fête où le corps meurtri, brisé, avachi de Jésus se redresse et relève avec lui tous les affligés, les opprimés, les humiliés, les prostrés, les « niés »… toutes celles et ceux qui rêvent qu’il  y a une vie avant la mort.

Ne l’oublions jamais, Pâques nous montre en pleine face que tout ce qui est beau dans la vie et l’humanité peut être sali par la violence, le mal, les injustices… mais que depuis Jésus la vie ne se laisse pas anéantir par les forces de mort. C’est hautement subversif parce qu’avec Jésus, c’en est fini du silence des victimes imposé par la superbe des tyrans indifférents à la souffrance de leur petit monde.

Pâques nous dit que Dieu est clairement aux côtés des femmes et des hommes déshumanisés, réduits à l’état de choses, et sa présence, juste là, à leurs côtés, fait de leur silence une clameur assourdissante. Si nous ne l’entendons pas, c’est que nous n’avons pas encore compris ce que la mort et la résurrection du Christ Jésus nous murmure depuis deux millénaires : ne regardez pas le monde à partir de ceux qui dominent et imposent leur force, quelle qu’elle soit… regardez le monde par le bas, regardez la vie toute fragile de ceux qui sont méprisés et exclus. Les forces de l’amour et de la solidarité sont bien plus grandes que les forces de mort.

Pâques c’est cette fête qui convertit même la mort pour en faire, non plus l’arme du pouvoir, de la peur et de la violence, mais la compagne de la vie tout simplement… un moment de la vie … et pas le contraire.