Prière à la Sainte Famille

(Pape François, Amoris Laetitia, 325)

Jésus, Marie et Joseph
en vous, nous contemplons la splendeur de l’amour vrai,
en toute confiance nous nous adressons à vous.
Sainte Famille de Nazareth,
fais aussi de nos familles
un lieu de communion et un cénacle de prière,
d’authentiques écoles de l’Évangile
et de petites Églises domestiques.
Sainte Famille de Nazareth,
que plus jamais il n’y ait dans les familles
des scènes de violence, d’isolement et de division ;
que celui qui a été blessé ou scandalisé soit, bientôt, consolé et guéri.
Sainte Famille de Nazareth,
fais prendre conscience à tous
du caractère sacré et inviolable de la famille, de sa beauté dans le projet de Dieu.
Jésus, Marie et Joseph,
Écoutez, exaucez notre prière.
Amen !


Édito

Alors… c’est vrai que dans notre Eglise, on s’en va de jubilé en année sainte, de projets spéciaux en projets extraordinaires, de journée mondiale des grands-parents en journée mondiale du refus de la misère et ainsi de suite presque jusqu’à l’épuisement… c’est en tout cas ce qui transpire parfois (souvent ?) quand on essaie d’éveiller un petit intérêt pour un événement autour d’une pastorale particulière. Cela dit combien on peut avoir « la tête dans le guidon » et c’est dommage…

Nous fêterons bientôt la saint Joseph  (19 mars) ! Savez-vous qu’il y a dix ans, la saint Joseph avait été choisie par le Pape François pour éditer une exhortation apostolique intitulée « Amoris Laetitia » à la suite des deux synodes sur la famille de 2014 et 2015. Un texte qui, là où il a été reçu et déployé, a transformé la pastorale familiale. C’est la joie de l’amour que nous sommes tous invités à reconnaître, à fêter et à épauler. Trois verbes : « accueillir, accompagner, intégrer » viennent secouer nos attitudes pastorales. De quoi s’agit-il ?

Accueillir : c’est adopter une attitude bienveillante et ouverte envers tous, sans exclusion, en reconnaissant la beauté de l’amour familial malgré les imperfections.

Accompagner : L’Église est appelée à marcher avec les personnes, à discerner les situations au cas par cas, et à soutenir la croissance de chaque famille, même si elle est loin de l’idéal théologique.

Intégrer : Le but est d’intégrer les fidèles dans la communauté chrétienne, en leur évitant de se sentir exclus ou jugés, pour qu’ils puissent vivre leur foi au sein de l’Église malgré des situations complexes.

Malgré sa force engageante, Amoris Laetitia reste encore bien méconnue. C’est pourquoi, au Service des Couples et des Familles, nous avons décidé de ne pas laisser cet anniversaire sans écho. Nous préparons différentes petites actions pour le remettre à l’honneur, à commencer par cette newsletter où il aura une place de choix.

L’année de l’espérance est à peine finie. Nous vivons encore de sa force et son enthousiasme. Nous osons donc espérer que les 10 ans d’Amoris Laetitia ne passeront pas inaperçus et que se lèvera, partout dans nos UP, doyennés et autres lieux d’Eglise, une belle action de grâce pour toutes les joies reçues par les personnes accueillies, leurs accompagnateurs fidèles et les communautés chrétiennes ouvertes qui les appuient.

Et surtout… un immense merci au pape François et à ses intuitions prophétiques.

Anne

De quoi est-il question ?

Une question à la foi, une question à la fois !

« Est-ce vrai que les personnes divorcées sont excommuniées ? » me demande une connaissance.

Allons droit au but : non, les divorcés ne sont pas excommuniés dans l’Église catholique ! L’excommunication, qui exclut formellement une personne de l’Église et de ses sacrements, existe bel et bien mais elle n’est pas appliquée aux personnes divorcées.

« Oui, mais c’est vrai qu’ils ne peuvent pas communier ? »

Penser que les divorcés ne peuvent pas communier est une erreur. C’est aux divorcés remariés que l’Eglise demande de ne pas communier.

Cela demande quelques éclaircissements :
pour les chrétiens, le mariage est un signe de l’Alliance entre Dieu et les hommes. Et Dieu est fidèle, il ne retire jamais sa parole. Dans le mariage, les époux se promettent cette même fidélité, à l’image de la fidélité divine. C’est pourquoi, l’Eglise dit qu’il ne peut y avoir qu’un seul mariage religieux. Et si par malheur des époux devaient se séparer, elle demande à ce qu’ils ne se remarient pas.
Quand des divorcés se remarient, l’Eglise leur demande de ne pas communier, car il y aurait contradiction entre l’Eucharistie, signe de l’amour sans faille du Christ, et un mariage brisé.

Mais, encore une fois, cela ne veut pas dire que les divorcés remariés sont « excommuniés » ! Ils appartiennent toujours à l’Eglise. 

« C’est dur quand même, non ? Peut-on espérer des avancées sur cette question ? »

Une piste serait sans doute de clarifier le rapport doctrine/discipline. La doctrine parle de l’indissolubilité du mariage, sur laquelle tout le monde est d’accord, y compris les personnes divorcées-remariées, qui sont conscientes qu’elles ont rompu leur engagement. Ensuite on parle d’une discipline sacramentaire qui est donc l’exclusion de tous les sacrements. Essayons de ne pas faire d’amalgame entre les deux.

L’exhortation apostolique Amoris Laetita, publiée en 2016 suite aux deux synodes sur la famille, explore quant elle d’autres pistes :

  • elle ne propose aucun changement au niveau de la doctrine ;
  • Le Chapitre 8 de ce document (n. 291-312) est le cœur des discussions sur ce sujet. Il appelle à un discernement pastoral au cas par cas, reconnaissant la fragilité de la condition humaine. 
  • Amoris Laetitia met l’accent sur l’accompagnement des personnes en situation de remariage, les intégrant à la vie de la communauté. 
    La possibilité d’accéder aux sacrements (réconciliation et Eucharistie) est le résultat d’un « processus de discernement personnel et pastoral ». Ce processus invite à se placer devant Dieu et à évaluer sa situation. 
  • Le document ne délivre pas un « permis » d’accès aux sacrements, mais favorise une approche pastorale plus nuancée. 
  • La publication d’Amoris Laetitia a suscité une controverse sur la question de savoir si le chapitre 8 avait ou non modifié la discipline sacramentelle de l’Église. Une mise au point du Vatican en 2023 a réaffirmé que l’accès aux sacrements dépend de ce processus de discernement pastoral individuel, suivant les principes établis. Il y a donc là matière à espérer pour les personnes divorcées remariées qui ont faim et soif d’une communion pleine et entière dans leur communauté catholique.

EDITO

Le mois de juin va être chaud pour le SDCF ! En ce qui concerne les températures extérieures, je ne sais pas… pour ce qui est du calendrier et des activités, c’est certain !

C’est que l’Année « Famille-Amoris Laetitia » va bientôt se terminer ! Il faut fêter ça, marquer le coup même si c’est modestement. Ce n’est pas si souvent qu’on a l’occasion de mettre les familles à l’honneur et de saluer l’amour qui y circule et tout ce qu’elles apportent de positif au monde, alors nous n’allons pas nous en priver !

A partir du 17 juin et pour quelques semaines, les murs du cloître du Séminaire de Liège se couvriront de photos de familles. Sans jugements, sans statistiques, sans discours, nous voulons montrer deux choses : les familles sont une bonne nouvelle pour le monde parce qu’elles sont le lieu idéal et fondamental de croissance en humanité de l’Homme ; une famille qui « réussit » » est d’abord toujours une grande histoire d’amour dont on prend soin.
Si vous passez dans le coin, venez donc contempler tous ces sourires !

La semaine du 22 au 26 juin, à l’instar de ce qui se vivra à Rome dans le cadre de la Xème Rencontre Mondiale des Familles, les UP du diocèse sont, elles aussi, invitées à fêter la famille… comme elles le peuvent, selon leurs moyens : une messe des familles, un temps de prière, une promenade, une prière universelle spéciale, un petit mot adressé aux familles via leur site internet ou le bulletin paroissial… Notre évêque quant à lui célébrera le 26 juin à 11h00 avec toute la communauté et les familles du quartier de Saint-Vincent à Liège ; il adressera en outre un message vidéo à toutes les familles du diocèse.

Et enfin, une naissance à annoncer pour ce mois de juin décidément bien prolifique : « Grandir dans l’Amour », une plate-forme internet qui rassemble de multiples propositions offertes par des lieux, des communautés, des associations ou des mouvements en vue de soutenir et nourrir tout couple et toute famille. Conseil et accompagnement, retraites, camps d’été, vacances en famille, situations de crise, questions, pauses spirituelles… tout y est ! Ce nouveau site est une initiative des Services Couples et Familles des diocèses de Belgique francophone rassemblés en Commission Interdiocésaine Famille et Société (CIFS), à découvrir très prochainement en tapant :

www.grandirdanslamour.be



« La force de la famille réside essentiellement dans sa capacité d’aimer et d’enseigner à aimer. »[1]

C’est tellement vrai, tellement essentiel, tellement crucial pour notre monde que cela vaut bien qu’on se « bouge »  pour elle et qu’on la fête en la mettant à l’honneur, ne serait-ce qu’un bref instant partout dans notre diocèse !

Vive les familles !


[1] Exhortation Apostolique Amoris Laetitia du pape François,  n°53

Année « Famille Amoris Laetitia »

(Article paru dans le journal Dimanche du 17 février 21)

Pour célébrer le cinquième anniversaire de l’exhortation apostolique Amoris Laetitia, le pape François a souhaité une année de la famille. Elle commence le 19 mars 2021 et durera jusqu’au 26 juin 2022.Cette année sera inaugurée dans le contexte de la crise sanitaire. Et l’on sait combien certaines familles ont été et sont encore particulièrement éprouvées par le confinement et son cortège de bouleversements en termes d’organisation familiale.

L’expérience vécue depuis un an a mis en évidence ces difficultés mais aussi la façon dont les liens familiaux peuvent demeurer un élément irremplaçable pour chacun de ses membres. Lieu potentiel de toutes les solidarités, la famille mérite d’être célébrée, soutenue et encouragée.

La communauté paroissiale est, elle aussi, malmenée. Comment, dans un va-et-vient créatif, la paroisse et les familles pourraient-elles s’entraider à tenir le coup? Pourquoi ne pas profiter de cette année pour transformer notre paroisse en une communauté de familles, une famille de familles? Ce serait un bel hommage à toutes ces familles qui, livrées à elles-mêmes par la force des choses, ont su garder confiance, se sont (ré-)approprié leur foi et l’ont célébrée avec souvent beaucoup de créativité et de profondeur.

Des initiatives, des ressources, des propositions concrètes seront disponibles pour parcourir ensemble cette année spéciale Famille Amoris Laetitia. Le Service diocésain des Couples et des Familles ne manquera pas de vous les faire connaître. A vous de discerner ce qu’il sera possible de mettre en œuvre localement en fonction des besoins et conditions pratiques.

Le chemin du Carême s’ouvre sur une bien belle perspective : puiser au cœur des familles la force nécessaire pour redonner force et courage à nos communautés dispersées. Chemin de conversion, chemin de vie assurément! ✐ Anne Van LINTHOUT