Vous
avez déjà eu cette impression que vous aviez sur une épaule un ange et sur l’autre
un petit diable. L’un vous murmure de bons conseils, vous félicite pour une
action honnête, droite et bienveillante ; l’autre essaie de faire taire vos
scrupules et vous encourage à suivre votre instinct quitte à piétiner un peu
vos principes et votre sens de la justice ?
Personnellement,
les deux versants de ma conscience n’arrêtent pas de se chamailler lorsque je
me pose des questions sur l’IA.
Grande
première : j’ai interrogé ChatGPT pour la première fois sur cette question précise
: en tant que chrétien, faut-il composer avec l’IA ou la craindre ? Réponse : il y a une contradiction entre une intelligence artificielle qui mise
sur la force, la puissance et surtout la rapidité et un Dieu qui choisit de se révéler à travers la condition
humaine dans tout ce qu’elle a de fragile. Cependant d’autres disent que Dieu a créé l’homme à son image, et par conséquent ce que l’homme crée, façonne, est aussi à l’image de Dieu, et donc l’intelligence artificielle aurait une forme de divinité.
Ou en tout cas une trace, même infime, de cette image de Dieu.
Me voilà
bien avancée…
Donc
est-ce vraiment une bonne idée d’utiliser l’IA dans notre mission d’évangélisation
? Ou d’éducation de nos enfants ? Ou… ?
Autrement
dit, y-a-t-il un plus à être secondé par des algorithmes, une machine qui ne
ressent rien et semble à l’opposé de ce que propose l’Evangile ? Oui, comme
outil qui facilite l’accès aux informations, à la diffusion de contenus, et
peut-être même à la formation pour autant qu’on l’utilise, oserais-je dire « sagement ».
Mais
jamais l’IA ne remplacera la personne humaine ni l’incarnation réelle de l’Evangile
!
Autre
question, n’y-a-t-il pas un conflit flagrant entre l’utilisation de l’IA avec
tout ce que cela comporte et les paroles du pape François dans Laudato Si ?
Bien sûr que si parce que selon le pape François, la technologie n’est jamais
neutre. Lors du G7 en 2024, il disait en substance que nous ne pouvons pas
permettre à un outil aussi puissant d’être utilisé sans une réflexion éthique
profonde. Peut-on rêver, comme le pape François, qu’on passe d’une IA de profit
à une IA de service, compatible avec une écologie intégrale ? L’avenir nous le
dira mais le petit diable sur mon épaule ricane alors que le petit ange lève
les yeux au ciel…
On n’épuisera
pas la question dans cet édito, il n’est pas fait pour cela mais vous trouverez
dans le dossier de ce mois de février quelques références d’articles, de conférences,
de reportages qui pourront peut-être éclairer vos propres questions sur le
sujet. Et vous verrez, quand vous aurez fini un article, les algorithmes vous
en proposeront assurément d’autres… C’est passionnant, non ? Et un peu
effrayant…
Bonne découverte
!
Anne